
Choisir des matériaux durables sans renoncer au style
On nous demande souvent s'il faut choisir entre un intérieur beau et un intérieur responsable. Après quinze ans de chantiers, notre réponse tient en un mot : non. Les deux exigences vont dans le même sens, à condition de revenir à quelques principes simples.
« Un matériau durable n'est pas un matériau qui ne bouge pas. C'est un matériau qui vieillit bien. »
Privilégier la matière brute
Un matériau qui n'a pas été teinté, vernis ni plastifié se répare, se ponce, se patine. Il accepte le temps au lieu de le combattre. Nos préférés reviennent chantier après chantier :
- le chêne huilé, qui se rattrape d'un coup de laine d'acier ;
- la pierre naturelle, dont chaque bloc est unique ;
- la chaux, qui laisse les murs respirer ;
- la terre cuite, qui gagne en profondeur avec les années.
Regarder la provenance
Un beau matériau produit à l'autre bout du monde perd une part de son sens. Nous privilégions les fournisseurs régionaux : l'empreinte est plus légère, le grain plus honnête, et l'on peut visiter l'atelier. La traçabilité fait partie du dessin, au même titre qu'une teinte ou qu'une poignée.
Le réemploi, d'abord
Avant de commander du neuf, nous regardons ce que le lieu contient déjà : un parquet à reponcer, une cheminée à réveiller, des portes anciennes à réemployer. La rénovation la plus durable est souvent celle qu'on ne fait pas.
« On n'achète pas de la matière, on achète du temps de tranquillité. »
Madeleine Réaux, fondatrice
Entretenir plutôt que remplacer
Un intérieur durable se pense aussi dans l'usage. Nous remettons systématiquement à nos clients une fiche d'entretien : quelle huile pour le plan de travail, comment nourrir le cuir, à quelle fréquence traiter la pierre. Ce sont ces gestes minuscules qui font durer un lieu dix ans de plus.
En résumé : moins d'éléments, mais mieux. Un projet réussi n'est pas celui où l'on a tout ajouté, c'est celui où il ne reste rien à retirer — et où, dix ans plus tard, on n'a toujours rien voulu changer.